Ragdoll - édition française

Ragdoll - édition française

by Daniel COLE, Natalie BEUNAT

NOOK Book(eBook)

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Overview

Votre nom figure sur la liste du tueur. La date de votre mort aussi...
Un " cadavre " recomposé à partir de six victimes démembrées et assemblées par des points de suture a été découvert par la police. La presse l'a aussitôt baptisé Ragdoll, la poupée de chiffon.
Tout juste réintégré à la Metropolitan Police de Londres, l'inspecteur " Wolf " Fawkes dirige l'enquête sur cette effroyable affaire, assisté par son ancienne coéquipière, l'inspecteur Baxter.
Chaque minute compte, d'autant que le tueur s'amuse à narguer les forces de l'ordre : il a diffusé une liste de six personnes, assortie des dates auxquelles il a prévu de les assassiner.
Le dernier nom est celui de Wolf.
Coup d'essai, coup de maître pour ce thriller déjà vendu dans plus de 35 pays avant parution et en cours d'adaptation pour une série TV.

" À vous couper le souffle ! Si vous avez aimé Seven, vous adorerez Ragdoll. " M. J. Arlidge, auteur d'Am Stram Gram

Product Details

ISBN-13: 9782221200322
Publisher: Groupe Robert Laffont
Publication date: 03/09/2017
Sold by: EDITIS - EBKS
Format: NOOK Book
Pages: 372
File size: 4 MB

About the Author

Ragdoll aux Éditions Robert Laffont en 2017.

Read an Excerpt

Ragdoll


By Daniel Cole, Magali Duez

Robert Laffont

Copyright © 2017 Daniel Cole
All rights reserved.
ISBN: 978-2-221-20032-2


CHAPTER 1

Samedi 28 juin 2014,3 h 50


WOLF CHERCHAIT À TÂTONS SON TÉLÉPHONE, qui s'éloignait un peu plus à chaque vibration sur le parquet vitrifié. L'obscurité commençait à se dissoudre lentement dans l'espace peu familier de son nouvel appartement. Les draps moites de sueur collaient à sa peau et ralentissaient sa progression vers le bord du matelas, en direction du bourdonnement agaçant.

— Wolf, répondit-il, appréciant d'avoir encore ce droit-là, tandis qu'il s'évertuait du plat de la main à atteindre l'interrupteur sur le mur.

— Simmons à l'appareil.

Wolf alluma d'une pichenette et poussa un long soupir en redécouvrant sous la lumière jaune blafarde l'endroit où il vivait. Entre les quatre murs de la minuscule chambre, éclairés d'une ampoule nue, un matelas épais était posé à même le sol. Il régnait une chaleur étouffante, tout ça parce que le propriétaire n'avait pas récupéré auprès du précédent locataire la clé déverrouillant la fenêtre. En principe, ce genre de chose ne pouvait pas arriver à Londres. Mais Wolf s'était bien mal débrouillé: son emménagement coïncidait avec une vague de chaleur inédite qui durait depuis presque deux semaines.

— Tu n'as pas l'air tellement ravi de m'entendre, dit Simmons.

— Quelle heure est-il? demanda Wolf en bâillant.

— Quatre heures moins dix.

— J'étais pas de repos ce week-end?

— Plus maintenant. J'ai besoin que tu me rejoignes sur une scène de crime.

— Tu veux dire dans le bureau à côté du tien? fit Wolf en plaisantant à moitié, puisqu'il n'avait pas vu son patron aller sur le terrain depuis des années.

— Très drôle. Ils m'ont autorisé à sortir pour ce truc-là.

— C'est si moche que ça?

Il y eut un silence à l'autre bout de la ligne.

— Assez, oui. Tu as de quoi écrire?

Wolf farfouilla dans les cartons empilés dans l'entrée et en ressortit un Bic, prêt à gribouiller l'adresse sur le dos de sa main.

— Vas-y.

Du coin de l'œil, il remarqua un faisceau lumineux qui se baladait sur les placards de la cuisine.

— Appartement 108 ..., commença Simmons.

Tandis que Wolf entrait dans la modeste kitchenette, il fut ébloui par des flashs bleus tournoyants qui se déversaient par la lucarne.

— ... Trinity Towers ...

— Hibbard Road, Kentish Town? compléta Wolf en scrutant en bas la dizaine de voitures de police, les nombreux journalistes déjà présents et les habitants évacués des logements situés de l'autre côté de sa rue.

— Putain, comment tu sais ça?

— C'est mon métier.

— Hé! Tu pourrais aussi bien être notre suspect numéro un. Ramène-toi.

— J'arrive. J'ai juste besoin de ...

Wolf s'interrompit: Simmons avait déjà raccroché. Entre deux éclairs stroboscopiques, il remarqua le voyant orange sur sa machine à laver et se souvint qu'il l'avait fait tourner avant de se coucher. Il contempla avec perplexité les cartons de déménagement alignés contre le mur.

— Et merde!


Cinq minutes plus tard, Wolf se frayait un passage parmi la foule de badauds agglutinés devant son immeuble. Il s'approcha d'un agent en faction et lui montra sa carte, convaincu de franchir aussitôt le cordon. Le jeune policier lui prit la carte des mains et l'examina avec attention, avant de relever les yeux vers sa silhouette imposante, vêtue d'un long caleçon de bain et d'un tee-shirt délavé Keep the Faith de Bon Jovi – celui de la tournée 1993.

— Inspecteur Layton-Fawkes? s'enquit l'homme, suspicieux.

Wolf fit la moue au son de l'énoncé prétentieux de son patronyme.

— Oui, Sergeant Fawkes.

— Comme le Fawkes du massacre au tribunal?

— Mon nom complet est William ... Est-ce que je peux? demanda-t-il en désignant les logements.

Le jeune flic lui rendit sa carte et souleva la rubalise.

— Vous avez besoin de moi pour vous escorter?

Wolf lorgna sur son caleçon de bain à fleurs, ses genoux nus et ses chaussures de travail.

— Vous savez quoi? Je crois que je vais très bien m'en sortir tout seul.

Le policier lui sourit.

— Quatrième étage, lança-t-il à Wolf. Et faites attention si vous montez seul, c'est un quartier qui craint.

Wolf soupira encore, pénétra dans le hall empestant l'eau de Javel, et emprunta l'ascenseur. Il manquait les boutons du deuxième et du cinquième étage, une coulée brunâtre avait séché le long de ce qui restait du tableau de commande. Grâce à ses compétences de fin limier, il estima qu'il s'agissait soit de rouille, soit de Coca-Cola, soit d'excrément. Il attrapa le bas de son tee-shirt et se servit du visage du guitariste Richie Sambora pour appuyer sur le bouton adéquat.

Autrefois, il avait pris des centaines d'ascenseurs identiques à celui-là: une simple caisse en métal, sans soudure, comme les conseils municipaux en avaient installé partout dans le pays dans le but d'améliorer les conditions de vie au cœur des logements sociaux. Ces cabines ne comportaient ni revêtement au sol, ni miroir, ni luminaire, ni aménagement intérieur. Absolument rien que les résidents ne puissent détruire ou voler. Aussi, sans doute par frustration, avaient-ils opté pour des obscénités bombées à la peinture sur les quatre parois. Wolf eut donc le temps d'apprendre que Johnny Ratcliff était à la fois un frimeur et un pédé avant que les portes ne s'ouvrent avec un grincement.

Plus d'une douzaine de personnes étaient massées le long d'un couloir silencieux. La plupart avaient l'air secoué et lançaient des regards désapprobateurs en découvrant la tenue de Wolf, à l'exception d'un type ébouriffé qui portait un badge de technicien de la police scientifique. Il la valida d'un hochement de tête et par un pouce tendu vers le haut. Une odeur familière, quoique peu prononcée, s'intensifiait au fur et à mesure que Wolf progressait vers la porte ouverte au bout du corridor. C'était l'odeur de la mort, reconnaissable entre mille. Les gens qui travaillent dans ce genre d'environnement finissent vite par s'habituer à ce mélange unique de merde, de pisse, de chair putréfiée et d'air vicié.

Wolf recula dès qu'il entendit un martèlement de pas précipités provenant de l'intérieur. Une jeune femme se précipita sur le seuil, se laissa tomber à genoux et vomit juste à ses pieds. Il patienta poliment, attendant le moment opportun pour lui suggérer de dégager, quand résonna un autre bruit de pas. Il recula instinctivement et le Sergeant Emily Baxter déboula dans le couloir.

— Wolf! Je me disais bien que je t'avais vu rôder dans le coin! s'écria-t-elle par-dessus les têtes silencieuses. Sérieux, si c'est pas cool, ça? (Elle baissa les yeux vers la femme prise de haut-le-cœur et pliée en deux.) Puis-je vous demander d'aller dégueuler ailleurs, s'il vous plaît?

La femme s'éloigna à quatre pattes, honteuse. Baxter, tout excitée, saisit le bras de son collègue et l'escorta à l'intérieur de l'appartement. Aussi grande que lui, elle était plus jeune d'une dizaine d'années. Ses cheveux brun foncé prirent soudain une teinte noire dans la pénombre de l'entrée. Comme toujours, elle était maquillée de khôl, jusqu'à agrandir exagérément ses très beaux yeux. Vêtue d'un pantalon élégant et d'un chemisier cintré, elle le détailla de haut en bas avec un sourire espiègle.

— Personne ne m'avait prévenue que c'était mufti day!

Wolf refusa de mordre à l'hameçon, conscient qu'elle lâcherait l'affaire s'il restait sans réaction.

— Chambers va être furax d'avoir raté ça, commenta-t-elle avec un sourire radieux.

— Perso, je me taperais plutôt une virée dans les Caraïbes qu'auprès d'un cadavre, répondit-il, blasé. Les yeux immenses de Baxter s'écarquillèrent de surprise.

— Simmons ne t'a pas dit?

— Pas dit quoi?

Elle l'entraîna à travers l'appartement bondé, éclairé seulement d'une dizaine de lampes torches disposées aux endroits stratégiques. Bien que peu envahissante, l'odeur s'accentuait au fur et à mesure que Wolf avançait. À la quantité de mouches qui filaient à toute vitesse au-dessus de lui, il devinait que la source fétide n'était plus très loin.

Le logement offrait une belle hauteur sous plafond. Il n'était pas meublé et apparaissait beaucoup plus spacieux que celui de Wolf. Pour autant, il n'était guère plus agréable. Les murs jaunis étaient percés de nombreux trous d'où s'échappaient des fils électriques et des isolants poussiéreux qui pendaient vers un sol nu. Ni la salle de bains, ni la cuisine ne semblaient avoir été rénovées depuis les années soixante.

— Il ne m'a pas dit quoi? répéta-t-il.

— C'est l'affaire du siècle, Wolf! affirma Baxter, ignorant la question. Le genre de crime que tu rencontres une seule fois dans ta carrière.

La tête ailleurs, Wolf repéra la seconde chambre et se demanda si le loyer n'était pas trop élevé pour le clapier pourri qui lui servait de maison, de l'autre côté de la rue. Ils pénétrèrent dans la pièce principale, pleine de monde, et machinalement Wolf chercha un cadavre par terre, entre les jambes des flics et les équipements de rigueur.

— Baxter!

Elle s'arrêta et se tourna vers lui avec agacement.

— Qu'est-ce que Simmons ne m'a pas dit?

Derrière elle, les techniciens regroupés devant une imposante baie vitrée s'écartèrent. Avant qu'elle ait pu répondre, Wolf s'était déjà approché en vacillant, le regard accroché par un point lumineux qui les surplombait ; la seule source de lumière que la police n'avait pas apportée avec elle: un projecteur braqué sur une scène lugubre ... Le corps, dénudé, crispé en une posture qui n'avait rien de naturel, paraissait flotter à une trentaine de centimètres au-dessus du plancher irrégulier. Il avait le dos tourné vers le mur et semblait regarder par l'immense baie vitrée. La silhouette tenait en l'air grâce à des centaines de fils invisibles, euxmêmes solidement retenus au plafond à l'aide de deux crochets de levage métalliques.

Il fallut un bon moment à Wolf pour identifier ce qui était le plus déconcertant dans la scène surréaliste qui s'offrait à ses yeux: une jambe noire attachée à un torse blanc. Incapable de comprendre ce qu'il contemplait, il s'avança. Peu à peu, il remarqua les énormes points de suture qui reliaient des morceaux de corps mal assortis, la peau étirée là où elle avait été percée ; une jambe d'homme noir, une jambe blanche ; une grande main d'homme d'un côté, une main fine et hâlée de l'autre ; une chevelure noir de jais tout emmêlée qui retombait de manière perturbante sur la poitrine menue et couverte de taches de rousseur d'une femme. Baxter vint se placer auprès de lui, se délectant sans complexe de son écœurement.

— Il ne t'a pas prévenu ... Un cadavre certes, mais ... six victimes! murmura-t-elle à son oreille avec jubilation.

Le regard de Wolf se perdit au sol. Il se tenait dans l'ombre projetée par ce corps grotesque dont les proportions lui parurent plus incohérentes encore. La lumière se glissait par les interstices au niveau des raccords distordus entre les membres et le torse.

— Que foutent les journalistes ici, nom de Dieu?

Wolf reconnut la voix tonitruante de son chef, s'adressant à la cantonade.

— Ce service a plus de fuites que ce putain de Titanic. Si j'en vois un parler à la presse, je le vire!

Wolf sourit, sachant pertinemment que Simmons surjouait son rôle de patron tyrannique. Ils se connaissaient depuis plus de dix ans et, jusqu'à l'épisode Khalid, Wolf l'avait toujours considéré comme un ami. Toutefois, sous son côté hâbleur, Simmons était un bon flic, intelligent et bienveillant.

Simmons fondit sur eux en quelques enjambées. Plus petit que Wolf, la cinquantaine, il avait pris du ventre à force d'être cloîtré au bureau.

— Fawkes! (Il s'appliquait à ne jamais interpeller un membre de son équipe par son surnom.) Personne ne m'avait prévenu que c'était mufti day!

Wolf perçut le ricanement de Baxter. Il décida de s'en tenir à sa stratégie initiale et l'ignora. Un ange passa. Simmons se tourna vers Baxter.

— Où est Adams?

— Qui?

— Adams, votre nouveau protégé.

— Edmunds?

— Oui, Edmunds.

— Comment je le saurais?

— Edmunds! hurla Simmons dans la cacophonie ambiante.

— Tu bosses beaucoup avec lui? demanda doucement Wolf sans parvenir à masquer une pointe de jalousie, ce qui déclencha chez sa collègue un petit rictus.

— Je suis sa baby-sitter, chuchota-t-elle. Ils l'ont transféré du service de la répression des fraudes. Il n'a pas encore vu beaucoup de macchabées, il va falloir que je le console.

Un jeune homme d'à peine vingt-cinq ans fendit tant bien que mal la foule. Il était maigre comme un clou et d'une tenue irréprochable, hormis des cheveux blond vénitien plutôt hirsutes. Un carnet à la main, il souriait à l'inspecteur principal avec une excitation non dissimulée.

— Qu'ont dit les mecs de la scientifique? l'interrogea Simmons.

Edmunds feuilleta son carnet à la recherche de ses notes.

— Helen m'a expliqué qu'aucun de ses techniciens n'a encore découvert la moindre goutte de sang dans l'appartement. Ils lui ont confirmé que les morceaux de corps proviennent de six victimes différentes ; ils ont été grossièrement tronçonnés, sans doute avec une scie à métaux.

Helen aurait-elle mentionné quelque chose qu'on ne saurait déjà? grogna Simmons.

— En fait, oui. À cause de l'absence de sang et de resserrement des vaisseaux sanguins autour des blessures provoquées par l'amputation ... (Simmons leva les yeux au ciel puis regarda sa montre.) Nous pouvons avoir l'assurance que ces morceaux ont été prélevés post-mortem, poursuivit Edmunds, visiblement content de lui.

— Voilà un travail de pro en tout point remarquable, souffla le boss sur un ton sarcastique, avant de s'écrier: quelqu'un pourrait-il, s'il vous plaît, annuler l'avis de recherche sur les bouteilles de lait concernant un homme à qui il manquerait la tête? Merci!

Le sourire d'Edmunds s'effaça aussitôt. Wolf attira l'attention de Simmons et lui lança un regard complice. Tous deux avaient subi ce genre d'affronts à leur époque, cela faisait partie de la formation des bleus.

— Je voulais simplement dire que les propriétaires de ces jambes et de ces bras, quels qu'ils soient, sont assurément morts. On en saura plus dès que le cadavre sera rapatrié au labo, marmonna timidement Edmunds.

Wolf s'attarda sur le reflet de la silhouette dans la vitre sombre. Il se rendit compte qu'il ne l'avait pas encore observée de face, aussi la contourna-t-il.

— Et vous, Baxter, vous avez quoi? l'interrogea Simmons.

— Pas grand-chose. Peu de dégâts au niveau de la serrure, elle a sans doute été crochetée. On a des agents qui s'occupent de l'enquête de voisinage, mais jusqu'ici, pas un seul témoin. Oh, et puis y a rien d'anormal avec l'installation électrique, chaque ampoule de cet appart a été enlevée, sauf celle au-dessus de la victime ... enfin ... des victimes, comme si c'était une installation, un spectacle ...

— Et toi, Fawkes, une idée? Fawkes?

Wolf détaillait le visage à la peau basanée.

— Hé, si on t'emmerde, dis-le.

— Non ... Pardon. Même avec cette chaleur, ce truc commence à peine à puer. Ça signifie deux choses: soit le tueur a massacré ses victimes la nuit dernière, ce qui semble peu probable, soit il a conservé les corps dans la glace.

— Je suis d'accord. Il nous faut quelqu'un pour vérifier s'il n'y aurait pas eu d'intrusion dans des entrepôts frigorifiques, des supermarchés, des restaurants, bref, tout lieu équipé de chambres froides de grande dimension.

— Faudrait aussi demander aux voisins s'ils ont entendu des bruits de perceuse.

— Un bruit de perceuse, c'est assez courant, laissa échapper Edmunds, avant de regretter sa sortie lorsque trois paires d'yeux le fusillèrent.

— Si c'est son chef-d'œuvre, continua Wolf, il est impensable que le tueur ait couru le risque qu'il se décroche du plafond et que la police ne retrouve qu'un tas informe. Ces crochets ont été fixés dans des poutres métalliques porteuses. Il y a forcément quelqu'un qui a entendu quelque chose.

Simmons hocha la tête en signe d'approbation.

— Baxter, mettez-moi un mec là-dessus.

— Patron, je pourrais te parler une seconde en privé? dit Wolf tandis que s'éloignaient les deux autres.


(Continues...)

Excerpted from Ragdoll by Daniel Cole, Magali Duez. Copyright © 2017 Daniel Cole. Excerpted by permission of Robert Laffont.
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